vendredi 5 septembre 2014

Méditation culinaire

Verser 200 grammes de riz rond (petits grains collants après la cuisson spécialement fait pour la cuisine japonaise) dans un petit récipient.
- Regarder la cascade de riz s’écouler doucement et voir l'aiguille de la peseuse s'approcher jusqu'à atteindre son objectif -
Nettoyer les grains à l'eau fraîche jusqu'à en obtenir la clarté.
- Plonger la main dans le récipient, sentir les grains passer entre chaque doigt et voir l'eau fraîche prendre la couleur du riz pour l'en débarrasser, voir le grain s'éclaircir petit à petit -
Verser le riz dans une casserole avec 350 ml d'eau, mettre un couvercle et porter à ébullition (attendre environ 10 minutes).
- Scruter l'arrivée des bulles qui tentent de s’échapper des abords du couvercle -
Baisser le thermostat de moitié, toujours à couvert (environ 3 minutes).
- Sentir le riz embaumer la cuisine et petit à petit le reste de la maison -
Baisser au minimum et laisser le riz s'imbiber totalement (environ 15 minutes).
Pendant ce temps, découper les avocats et le saumon.
- Prendre à pleine main la chair molle et glissante du poisson et enlever la peau au couteau, découper en dé et en tranche. En faire de même pour l'avocat -
Une fois que le riz à complètement absorbé l'eau, verser le vinaigre de riz et éventer jusqu'à tiédir.
- voir le vinaigre s'écouler, s'infiltrer entre chaque grain, sentir et voir l'acidité s'évaporer -
Déposer une feuille d'algue (Nori) sur le petit tapis de bambou (Makisu) et étaler une petite quantité de riz sur les deux tiers de la surface en partant du bas.
- doser la force du poignet pour ne pas écraser les grains -
Déposer sur le lit de riz le mélange de dés d'avocat et saumon.
- prendre les éléments à la main, rechercher l'équilibre entre saumon et avocat -
Enrouler la feuille d'algue à l'aide du tapis de bambou afin de former un tube d'environ 5 centimètres de diamètre.
(humidifier au préalable sur un centimètre le haut de la feuille d'algue afin qu'elle colle une fois le rouleau refermé)
- regarder les éléments s'enrouler sur eux même et se mélanger, sentir et voir le maki prendre forme -
Dérouler le tapis de bambou et découper les maki sur trois centimètres de large environ. Les disposer dans une assiette.
- voir le mélange des couleurs et sentir son estomac se languir -
Former quelques boules de riz à la main et déposer sur chacune une tranche de saumon.
- creuser la paume de sa main pour former un moule à fond rond, malaxer le riz pour en extraire une boule, ressentir la texture visqueuse du riz et sa tiédeur -
Disposer les Sushis dans une deuxième assiette.

Je ne suis vraiment pas un passionné de cuisine mais si il y'a une chose que j'aime faire, ce sont les Suhis et les Makis. La cuisine Japonaise est un art et impose de la patience et de la persévérance. A force de faire, on finit par mieux faire ce qui donne de plus une bonne leçon de morale.
A chaque fois que j'en prépare, je ressens l’apaisement, la hâte..... et la faim!

mercredi 13 août 2014

Manipulation de l'esprit

Arrivée d'un nouvel animal à la maison. Un bébé chat abandonné et récupéré dans un buisson chez une collègue. J'ai toujours voulu avoir plusieurs animaux, j'adore ça. C'est donc l'opportunité d'en compter un de plus!
L'arrivé d'un animal à la maison n'est pas anodin à mes yeux car je les considère comme un membre de la famille à part entière (à quelques différences prêt : je n'impose pas la litière à mes enfants ;-) ).
Je pars donc le récupérer chez ma collègue et fais donc connaissance avec lui. Au premier abord, très affectueux et plutôt joueur, comportement que j'aime.
Arrivé à la maison, cela se complique, la propriétaire des lieux, "vieux gros chat" de bientôt 10 ans, n'accepte pas le nouvel arrivant, qui lui rend bien d'ailleurs. Ça crache, bombage de dos, grognement. Un petit chat qui joue les caïd, c'est amusant...
Me concernant, émotionnellement, je trouve le moment plutôt amusant donc bon état d'esprit.
Arrive le soir. Impossible de laisser les deux "matous" sans surveillance. On laisse donc la matriarche vaquer à ses occupations habituelles du soir et on enferme le nouvel arrivant dans le bureau qui fait office temporairement de dortoir à chaton. Au bout de quelques minutes, miaulement et grattage de porte, le petit réclame sa liberté. Petit pincement au cœur, sortir un chat de la rue, pour le mettre dans une "cage"... Je n'aime pas ressentir la tristesse ou le malheur chez les autres, donc légère émotion de tristesse, mon excès d'empathie qui s'exprime surement... Si je rumine sur sujet, ça risque de m'emmener loin. Mais je décide d'en prendre le risque. Le "principe" de la rumination est de boucler sur ses pensées négatives sans ne jamais en sortir et ne jamais trouver de solution au problème. Je pèse donc tranquillement le pour et le contre. OK je l'enferme MAIS je le sors de la rue où sa vie insignifiante ne l'aurait peut être pas amenée dans une maison pleine d'amour comme la mienne. OK il sera enfermé dans la maison la journée quand je serais au travail MAIS au moins, il ne risquera pas de rencontrer d'autres "bestioles" en tout genre. OK il va se battre un peu avec la doyenne MAIS... elle est vieille et il aura le dessus ;-) mauvaise réponse bien sur, ils seront bien obligés de s'adapter l'un à l'autre, une petit tape sur les fesses le remettra sur le droit chemin de temps en temps...
Le lendemain, je relâche le fauve en constatant les dégâts, ce qui n'est rien comparé au plaisir de le retrouver. Il sort donc dans la joie et nous le fait bien savoir d'un léger coup de tête sous mon menton, il court partout, il saute, joue... à la vue de cette manifestation de joie, je me dis que finalement, j'ai bien fait de le sortir de la rue.

Manipuler ses esprits n'est pas chose facile surtout quand on est bercé par ses états d'âmes négatifs mais cela reste possible et au fur et à mesure que je m'auto-convaincs, je sens ma culpabilité se dissiper tout doucement dans mon esprit jusqu'à me laisser me donner raison sur ce choix que j'ai fait d’héberger ce nouvel animal...

Illustration : "Ticha"


jeudi 7 août 2014

Les goûts et les couleurs

Je me rappel l'histoire insignifiante racontée par un de mes professeurs d'informatique qui avait tendance à parler de tout, et surtout de rien. Il nous racontait qu'un de ses amis haïssait viscéralement la couleur verte. Du coup, beaucoup de ses choix vestimentaires, décoratifs, de voitures, etc. ne contenaient jamais cette couleur. Ce sujet revenait souvent sur la table entre eux : "pourquoi détestes tu à ce point cette couleur? il y'a surement une raison à cela?!?" A force de discussion, il se projeta plusieurs années en arrière, lors de son enfance où ses parents le forçaient, à en vomir, à manger des petits pois. Un rapport? peut être, peut être pas.
Histoire anodine juste pour en venir au fait que nos croyances, goûts, choix, etc s'appuient sur des moments ou traumatismes vécus, même les plus infimes et lointains soient-ils.
D'après moi, nous ne sommes pas les décideurs de nos choix. Les psychologues pensent que le hasard n'existe pas. Je le pense également. Nous sommes le fruit de nos expériences, de notre vécu, de nos déceptions, réussites...
Mes couleurs préférées sont le bleu et le vert. J'ai un profond respect pour la nature. Ces deux couleurs y sont prédominantes. Ceci explique cela.
Mais il n'y'a pas que les couleurs. Certains lieux également m'attirent inconsciemment. J'aime beaucoup les maisons abandonnées. On m'avait demandé une idée de peinture à m'offrir pour noël, j'avais demandé une maison en ruine au milieu de nulle part. Pas très festif ni joyeux comme cadeau mais je voulais quelque chose qui me correspondait, qui correspondait à mon état d'esprit et c'est donc ce choix qui en ressortit.
Quand je croise des maisons abandonnées, je ressens l'envie d'aller la visiter, ça m'attire vraiment, mais quelque chose m'empêche de le faire, une sorte d'appréhension?! J'aime imaginer la, ou les, vie(s) qui s'y sont déroulées. Ces odeurs d'humidité, les murs en décrépitude, m'attirent. Ces états de négligence, d'oubli me correspondent peut être au point de m'attirer. Je pousse la réflexion peut être un peu loin mais d'après moi tout a une explication.
Je cherche à comprendre pourquoi cette attirance pour les maisons oubliées et pourquoi cette peur d'y entrer?!?
La première photo de ce texte est issue d'un site comportant quelques monuments en ruine. Mais pourquoi le choix de celle-ci? pourquoi en visionnant ces monuments en ruine ai-je retenu celle là?!? Le hasard n'existe pas...
Il est question d'une maison Italienne (un moulin en fait) abandonnée, au pied d'une montagne semble-t-il, à l'abri des regards car bien enfouie au fin fond d'une forêt qui d'ailleurs reprend ses droits petit à petit. Cette photo ne montre pas plus que la "carapace" extérieure du bâtiment. Difficile d'en imaginer l'intérieur... A la vue de cette photo, je ressens à nouveau cette envie d'y entrer pour la découvrir plus "intimement"...
Mon histoire doit comporter des similitudes avec ce que dégage à mes yeux cette photo.
En y réfléchissant bien, effectivement, cette maison me représente beaucoup... J'aime la solitude, j'aime le calme et de cette maison se dégage du silence, de la sérénité, voir de la sagesse, celle que l'on acquiert avec la vieillesse... Je suis également quelqu'un de discret tout comme ce bâtiment blotti dans l'ombre, dans le creux de la montage, ni vu ni connu, comme pour ne pas déranger, pour épargner du bruit qu'elle pourrait faire. Mon combat contre la dépression, qui parfois reprend un peu le dessus sur mon esprit est à l'image de la forêt qui arrive au sommet de la battisse, sommet signifiant la victoire de l'un sur l'autre, ce que j'ai vécu il y'a quelques années où l'emprise fut la plus forte. Cette photo me ramène également à une séance chez la psychologue qui apparemment cherchait la faille, l'entaille, la brèche par laquelle se faufiler pour accéder au plus profond de mon esprit et elle y arriva grâce à un sujet très délicat pour moi : mon grand père, ce père de substitution. Une fois la "cible" atteinte, et voyant ma réaction (de la tristesse profonde), elle constata que ma "carapace" était très épaisse mais une fois transpercée donnait accès à toute mon histoire, bas les masques! Tout comme cette bâtisse à l'architecture fortifiée, il faut plusieurs assauts pour pénétrer mon esprit, tenter plusieurs accès et une fois à l'intérieur, on peut tomber sur du bon comme du mauvais. Qui sait ce que nous renfermons tous?!?
Les maisons (les arbres également) représentent en psychologie la protection familiale, celle des parents. Les fissures, les faiblesses, l'équilibre instable de ce bâtiment sont à l'image du manque d’intérêt que j'ai du ressentir pendant mon enfance. Ceci expliquant l’errance que j'ai vécu à même pas 10 ans dans la grand ville où j'habitais, à barouder dans les chantiers en construction en quête d'aventure mais au risque de ma petite vie parfois, à faire des rencontre dangereuses (SDF, drogués et autres quidams en perditions), et faire les pires bêtises, jouer au feu à m'en brûler, le tout sans aucunes réprimandes, sans aucun guide réconfortant pour me tenir la main et la poser sur la bonne rampe. Les limites, les punissions synonymes de dépassement de la zone de sûreté, rassurent, nous en avons tous besoin.

Mon attirance pour les ruines, représentatives de mes états d'âmes (à la différence que me concernant, elles sont plutôt en reconstruction), cette envie (et paradoxalement cette peur) d'y accéder pour mieux connaitre les lieux, s'explique peut être par ce manque de connaissance que j'ai vis-à-vis de moi même et l'envie (la peur) de me découvrir.

Illustration issu de ce site : http://lesmoutonsenrages.fr/2013/03/28/lieux-abandonnes-de-cette-planete/

mercredi 25 juin 2014

Sérénité... oui mais?



L'histoire se passe dans un magasin de pièces détachées. Je dois remplacer la turbine de séchage de mon lave linge. Je me trouve donc dans ce magasin plein de bazar, de machines éventrées, un stagiaire délaissé au fond du magasin, un chien en balade derrière le comptoir... et le vendeur : personne au regard froid, peau du visage abîmée, aucune expression, "court sur patte" ou "bas du cul" comme j'appel ça. Look débraillé, habillé simplement d'un T-shirt, et "coiffé par son oreiller"... A la vue de ses ongles rongés et déformés jusqu'à la cuticule, je devine un homme stressé, anxieux ou énervé. Le genre de personne dont le physique reflète parfaitement le caractère. Un vieux vétéran de la vie en somme. Le ton est donné...
Cela fait déjà trois fois que je viens dans ce magasin (situé à environ 30 km de chez moi), la première fois pour commander la pièce, la deuxième, je viens par erreur (le vendeur m'ayant confondu avec un autre client) et là donc, troisième fois que j'y retourne car averti de la livraison pour m'apercevoir que le grossiste s'est trompé dans la commande. Le vendeur me présente, ou plutôt me jette sur le comptoir, un sachet n'ayant rien à voir avec la pièce que j'attendais...
Comme à son habitude le vendeur ne semble pas embarrassé, aucune excuse, pas une once de "compassion"...  je ne demande pas grand chose, juste un mot pour me faire comprendre qu'il est désolé, l'erreur est possible pour tout le monde. Si je fais le calcul, cette pièce à 25€ m'a fait faire 300km! (au total j'y serais allé cinq fois!). Je suis vraiment motivé à faire mon maximum pour ne plus m'agacer d'un rien, pour ne plus me laisser aller à l’énervement, après tout, est-ce si grave?!? Je pense que pour mon bien personnel (et celui de ceux qui m'entourent), relativiser sur l'importance des choses et les minimiser au maximum permet de vivre plus calmement, plus sereinement. Mais tout de même, quelle est la limite de la sérénité? Certains écrivent "bon" avec un "c". Je veux bien me rabaisser un peu, si cela peut arranger les choses, faire en sorte qu'elles se passent pour le mieux....mais pas jusqu'au manque de respect ou de considération.
L'exaspération commence à prendre le contrôle de mes pensées, je lâche donc "ça commence à me saouler de venir pour rien" sur le coup de la colère et aussi un peu pour titiller la "bête" ou encore par provocation, pour quémander un brin de reconnaissance . Le vendeur, fidèle à lui même me répond instinctivement que si je ne suis pas content je peux aller voir ailleurs, qu'il n'a pas le temps de s'énerver avec un client. Je ressens dans sa façon de parler une habitude vue son aisance dans la hargne qu'il manifeste, une lassitude face aux plaintes régulières qu'il doit recevoir vu son accueil. Toujours aucune considération concernant l'erreur dont je suis la "victime". Aucune proposition d'arrangement (m'envoyer la pièce rapidement? un mois que ça dure...).
En essayant de respecter "mon pacte de sérénité", je reprends mon calme et lui propose de refaire la commande avec lui. Il me demande à nouveau les références de la machine car "on ne conserve pas toutes les références des machines de tous nos clients". Evidemment, je n'ai plus ces documents sur moi... je préfère partir avant de devenir vulgaire (la vulgarité, un des traits de caractère de mon "passager noir" (comme dirait Dexter!), mon gros défaut quand je suis sous l'effet de la colère...).
A vrai dire, j'avais déjà eu à faire à cet énergumène. Je ne sais pas pourquoi mais j'aime m'y confronter (lui ou tout autre personnalité compliquée, difficile, intrigante..). Je ressens le besoin de creuser de force. Toute relation est source de réflexion. Les bonnes comme les mauvaises. J'aime comprendre pourquoi les gens sont comme ils sont, j'aime transpercer leurs carapaces pour les entrevoir à nu ou encore imaginer les vies qu'ils ont subit (car pour devenir comme cela, on ne vit pas la vie, on la subit!)
Je ne pouvais pas rester sur cet accrochage. Ce n'est pas la finalité que j'aime obtenir. L'après midi j'y retourne à nouveau avec les références de ma machine et je repasse la commande. Je tente une nouvelle approche en me justifiant à nouveau concernant la raison de mon emportement, histoire de tourner la discussion plus dans un mode "perso" que "pro". A ce moment, après quelques secondes de réflexion comme pour s'élancer avant un effort, il m'avoue qu'il s'était énervé injustement. Même si cela ne justifie rien, c'est déjà un début de sincérité émanant de derrière l'armure triple épaisseur. Le tout malgré cela, sans le moindre clignement d’œil ou froncement de sourcil, celui que nous avons tous quand nous nous ouvrons aux autres. Il ne pouvait pas faillir non plus à sa réputation d'homme bourru!
Au final j'obtiens quand même ma pièce avec un petit "merci et bon week-end" de sa part.
Une semi victoire pour moi, celle d'avoir réussi à entrouvrir la boite de pandore, avec insistance quand même, et en ayant au final un petit peu dompté les démons qui y étaient cachés...

Illustration : cette #&$*§@ de pièce à la #$ù!


jeudi 5 juin 2014

Psychologie positive

Cela se passe un soir lors d'un footing. Trois jours plus tôt, très mauvais score, je décide donc de prendre ma revanche et coup de chance, mes jambes me portent loin, bien plus loin même que mon souffle le permet (habituellement c'est l'inverse, le souffle est là, mais les jambes sont lourdes).Je commence donc ma course, confiant, je monte les côtes sans difficulté, je double même plusieurs coureurs! A un moment, je poursuis un coureur dans une montée assez rude. En tant que bon disciple de la  psychologie positive et dans ce moment d'effort que je croyais être le sien, je l'encourage d'un "c'est dure hein...allez courage!" de soutien et de compassion au moment de le doubler. Ce à quoi il me répond instantanément "non, pour moi ça va", le tout sans essoufflement!... Sur le moment, je me suis senti un peu ridicule. Finalement, à ses yeux, c'est moi qui semble être dans l'effort et pas lui?!?Je continue ma course en me sentant un peu rabaissé dans son jugement. Mais finalement, je me dis que cela lui a peut être fait "enfler" un peu plus les chevilles lui permettant donc de meilleures performances! Et au final, si l'effet obtenu est bien celui là, alors à moi, cela me va aussi. Nous nous éloignons donc tous deux, lui plus confiant car voyant qu'il ne peine pas là où d'autres sont dans l'effort, et moi qui peut être, en quelque mot, ai donné du courage.
Autre histoire. Je me rappel d'une autre fois, à un passage piéton où j'attendais dans ma voiture que le feu passe au vert. Une personne âgée traverse et tombe en trébuchant, face contre terre, juste devant moi. Je me gare sur le côté et vais la voir pour me rendre compte de son état. Evidemment un peu déboussolée, le nez un peu gonflé, je lui propose de la ramener chez elle en voiture. Ce fut un moment de plaisir assez fort. Pour elle comme pour moi et pourtant ce n'était pas grand chose (et malheureusement éphémère).
La psychologie positive, c'est assez simple finalement, de simples gestes ou attentions qui redonnent du courage, qui donne du plaisir. Ce n'est pas grand chose et cela semble pourtant si difficile à tous! à moi aussi, ce n'est malheureusement pas inné...

Et si tout ça n'existait pas?!?

L'autre jour, en regardant le marathon de Paris, j'ai eu soudainement une sensation de petitesse face à ce fourmillement humain. Que suis-je, seul dans mon canapé, avec ces états d'âme qui n’intéressent personne d'autre que moi?!? que suis-je comparé à l'immensité de ce monde? Avec tout ce qui se passe dans le monde, je ne suis rien de plus qu'une molécule dans l'immensité de cet univers?
Comment est-ce possible qu'en si peu de temps (que sont les siècles comparés à l'existence de ce monde?) l'homme ai pu mettre en scène ce monde si vaste et complexe? Comment a t il mit en équilibre tout cela? Même si le monde n'est pas en paix partout, il se maintient malgré tout. Tout ces bâtiments et monuments si bien pensés et si complexes mis sur pied si rapidement. Comment toutes ces sciences si compliquées ont elles pu être inventées par l'homme? Parfois je me dit qu'elles sont justement compliquées pour ne pas être comprises par le commun des mortels dont je fais parti et pour ainsi laisser libre court à celui qui les pense. On peut faire croire ce que l'on veut au nom de la science finalement car tout peut exister si on peut se passer d'en expliquer la logique ou le fonctionnement.
Et si tout ça n'existait pas?!?
Je suis peut être le fruit d'un rêve qui dure, la pensée d'une personne dans un coma profond, un monde imaginaire ou virtuel contrôlé par je ne sais qui ou quoi, le cobaye d'une expérience scientifique à grande échelle? Suis-je l'acteur principal du film "The Truman show" où tout est soigneusement mis en scène autour de moi? Si les molécules qui composent notre corps pouvaient réfléchir (et c'est peut être le cas) se posent elles peut être les mêmes questions? Nos globules voient peut être la vie comme nous la percevons. Nos guerres sont peut être leurs cancers. Nous faisons peut être nous même parti d'un corps immensément plus grand?
Je ne crois en aucun dieu mais j'avoue avoir du mal à croire que tout cela ne puisse exister que grâce au hasard de l'évolution de l'univers. Je me rappel la discussion que j'avais avec un Musulman qui essayait de me convaincre de l'existence d'un dieu quelconque, il ne pouvait pas croire que tout cela puisse exister sans l'aide d'une divinité. Il me disait "avec l'immensité de l'univers, c'est impossible que le hasard ai pu mettre en scène ce monde. Prend pleins de matériels électroniques et détruit les complètement, tu peux attendre des milliards d'années, jamais ils ne reformeront, grâce au hasard, quelque chose qui fonctionne. Alors pourquoi nous, à partir d'éléments assemblés, soit disant au hasard, nous sommes devenus des êtres humains?"
J'avoue que vu la complexité de notre espèce, comment est-ce possible qu'une forme d'intelligence supérieure n'en soit pas à l'origine?
Une réflexion inutile de plus qui me revient souvent à l'esprit...

mardi 13 mai 2014

De l'autre côté...

Je me rappel étant petit être venu voir ma mère, en pleure, en lui disant que je ne voulais pas mourir. Le soir en m'endormant, j'étais à l'écoute de mon cœur et quand je loupais un seul de ses battements, je me voyais mourant. Je trouve la mort intrigante du fait de l'inconnu qu'elle représente pour moi, moi est mon besoin de compréhension...

Un matin, ma mère arrive bouleversée pour m'annoncer la mort par suicide d'un cousin dont je n'avais plus de nouvelle depuis un bout de temps. Peu avant, il était revenu chez ses parents car il ne se sentait pas bien, le moral au plus bas, l'envie de tout plaquer. Ses parents concluant à un coup de déprime passager comme cela peut arriver parfois et à tous, lui demande de se ressaisir et reprendre sa vie en main. Il repart donc dans le même état qu'en arrivant. Par la suite, plus de nouvelle de lui. Il fut retrouvé avec sa ceinture de judo nouée autour du cou, le visage bleu tuméfié, avec une lettre qui commence par "puisque j'emmerde tout le monde...". Le paradoxe de la lâcheté et du courage. Lâcheté car fuite face aux difficultés de la vie mais courage de l'acte. Cet événement m'a interpellé. Outre les bons moments passés avec lui remontés à ma mémoire, c'est surtout cet acte : que peut il se passer dans son esprit pour en arriver là? j'ai connu un bon niveau de souffrance psychologique mais la sienne devait être ultime?!? Comment peut on outre passer cette "bride" qui nous empêche de franchir le pas? car je pense que nous sommes tous programmés pour la survie. Ou alors sommes nous aussi programmés pour l’autodestruction dans les cas les plus critiques, pour éviter la souffrance, pour accéder à la délivrance quand c'est la seule issue possible? Ou bien est-ce la vengeance ultime envers le manque d'écoute de ses parents. Bref, beaucoup de questions sur le moment et encore maintenant (pour preuve ce sujet). Cela veut il dire que nous pouvons tous en arriver là? Ce mal être insoupçonné nous à tous surpris.
Autre expérience, dans mes années de jeunesse, j'ai eu l'opportunité de travailler pendant les vacances d'été dans le service ambulancier du centre hospitalier de Rouen. J’exerçais en tant que brancardier. Beaucoup de bons moments. Les milles remerciements d'une vieille dame juste parce que je lui avais remit sa montre à l'heure, elle semblait ne plus recevoir de visite, personne pour s'occuper de ce genre de détail, alors pour elle c'était une aubaine (c'est fou comme de simples gestes peuvent avoir une grande valeur aux yeux des autres!). Les rencontres avec les aides soignants, métier formidable... Mais aussi les mauvais moments notamment une mère dont j'emmenais l'enfant d'à peine dix ans dans son ultime chambre où un cancer finira par l'emporter. J'ai en mémoire, et pour toujours, le souvenir de cette dame qui se cachait pour pleurer pour ne pas ajouter cette douleur à celle de son fils. Ou encore une jeune fille que j'emmenait au service psychiatrique pour tentative de suicide suite à une rupture amoureuse. Après une parole maladroite pour lui remonter le moral, j'ai vite compris, au travers de son regarde inexpressif, que ce qui lui arrivait me dépassait, que dans cet état, rien ne peut consoler. Ce fut ma première rencontre avec des états d’âme en souffrance... marquant et perturbant...
J'ai du rater ma vocation, le mal être des autres m'interpelle. J'aimerais leur venir en aide mais je suis moi même trop fragile pour supporter en plus du mien le mal être et la tristesse des autres.

Sujet morbide j'avoue...

lundi 5 mai 2014

Plaisirs simples

Une des méthodes permettant de sortir de l'anxiété (ou de ne pas y replonger) est de profiter des plaisirs simples, d'en profiter mais surtout d'être pleinement présent dans ces moments, d'en être conscient. Simples parce que accessibles rapidement et régulièrement disponibles, à notre convenance, à porter d’œil, de main, de bouche etc...
Me concernant, ils sont nombreux, la nature à elle seule est pour moi une source intarissable de bonheur. Il suffit de regarder simplement les animaux vivre, les plantes pousser, écouter le bruit des oiseaux en forêt... ressentir la nature et s'en imprégner, rien de plus. S'arrêter au milieu d'une forêt et simplement voir et écouter, n'être qu'ici, ne penser à rien, ou en tout cas à rien d'autre...
Un autre de mes défauts (mais tant pis, ils font aussi ce que je suis), me laisser aller aux vapeurs, celles de l'alcool. Les spiritueux assiègent mon esprit finissant par en prendre le contrôle et le rendent plus sensible, plus réactif, plus ouvert, plus vaste! Mon "troisième œil" s'ouvre d'autant plus dans ces moments d'abus volontaire me rendant ainsi plus propice à la réflexion et à l'introspection. Des envies d'écriture me parviennent très souvent dans ces états de transcendance. Je comprends parfois ceux qui s'y abandonne pour ne plus luter...
Le sexe fait aussi parti de ces moments privilégiés (il fait même parti de ceux que je préfère!) ces moments de fusion, de complicité, de douceur, de laisser aller. Se laisser être, faire et se laisser faire, profiter, contempler les formes, les caresser... les embrasser... pour finir par les habiter... Rechercher la zone sensible, tourner autour volontairement, la frôler, pour faire durer le plaisir et finir par l'atteindre permettant la profusion des hormones du plaisir!
Prendre son temps permet également de s'apaiser. Partir et marcher sans but, se promener sans savoir où l'on va pour ne pas s'empresser d'y arriver. Essayer juste de profiter du moment, écouter, sentir et ressentir les lieux. Les odeurs de vieux bois, de vieux livres manuscrits dont j'imagine l'histoire, de rosée du matin, d'herbe fraîchement coupée me rappellent à mes origines : la terre.
Il y'en a beaucoup d'autres, le sport permettant l'accès aux commandes de la récompense en délivrant de petites rations après chaque effort. La méditation fait aussi parti de ces moments de paix intérieure, de calme, de sérénité.
En écrivant ce texte, je me rends compte qu'ils sont même bien plus nombreux que ce que je pouvais imaginer. Je pense qu'il en est de même pour tous, il suffit juste de se poser vraiment la question.
Malheureusement, toutes ces distractions spirituelles ne sont plus accessibles quand l'anxiété prend le dessus. C'est pourquoi dès que son étreinte se relâche, je me gave de ces instants éphémères pour monter le plus haut possible, ainsi la rechute aura plus de chemin à parcourir et prendra plus de temps pour toucher le fond à nouveau...
L'avantage des petits plaisirs simple est que, de part leur simplicité, ils sont nombreux. Les "gros plaisirs" sont plus rare du fait de leur difficulté d'accès (onéreux, long à atteindre etc) et souvent peu changeant (l'investissement pour accéder à ce plaisir doit être rentabilisé). Des études montrent que l'on s'habitue aux mêmes plaisirs (habituation hédonique) pour finir par ne plus les savourer. Pour ma part j'ai donc choisi la quantité plutôt que la qualité évitant ainsi l'usure du bonheur.

Illustration : plaisir accessible à tous, seul ou accompagné ;-)


mardi 15 avril 2014

Amour inconditionnel

Ce que j'admire chez les animaux, et qui manque énormément à beaucoup d'êtres humains, c'est l'amour inconditionnel qu'ils peuvent nous porter.
L'amour que peut avoir un chien fidèle dont le propriétaire vagabond ne peut rien apporter : un minimum de confort, la nourriture suffisante, l'abris etc... Ce chien pourrait trouver tout cela ailleurs et pourtant, il reste.
La belle manifestation de joie et bonheur d'un chien au retour de son maître (qui ne lui rend pas autant d'ailleurs). Rares sont les personnes qui expriment leurs plaisirs avec un tel enthousiasme.
Mon chat que je dispute après une bêtise et qui malgré tout, tous les soirs, vient s'endormir à côté de moi et vient me voir tous les matins pour avoir sa caresse.
Je n'ai jamais fait l'expérience de diminuer sa dose de nourriture ni sa qualité de confort ou le nombre de caresse mais je suis persuadé qu'elle resterait malgré tout et qu'elle reviendrait à la charge pour réclamer ses traditionnelles "papouilles".
Cette fidélité sans limite est une belle leçon à suivre. Une belle leçon d'humilité même. Mon chat se rabaisse à outre passer mes états d'âme, mes sautes d'humeur, fait table rase des punitions parfois injuste. La rancœur n'existe pas chez les animaux, la vengeance non plus.
Heureusement quand même, certains êtres humains ont aussi cette capacité. Malgré tout ce que peuvent me faire mes enfants (et parfois, ils me taraudent pas mal!), rien ne pourra faire que je ne les aimes plus. Même après un gros coup de colère contre eux, après le travail sur ma route du retour, j'ai toujours cette hâte de les retrouver. Alexandre Jollien parlait justement avec humour dans son Petit traité de l'abandon de cet amour sans limite. Il racontait qu'il avait dit à son fils Augustin "tu pourrais mettre le feu à la maison, je t’aimerais quand même." en rajoutant aussitôt "Mais je te le déconseille vivement !". Malgré ce que mon fils de 3 ans peut me dire parfois le soir "je ne veux pas de câlin avec toi avant d'aller au lit parce que tu es trop méchant", parfois le matin, il vient me voir, me tend les bras, et c'est parti pour 5 minutes de bonheur. Au moment de le laisser à la crêche, impossible de partir sans le traditionnel et affectueux bisous ainsi que le "bisou soufflé" à travers la vitre.
Cet amour pure, sans troc et sans triche, est une source de bonheur, un concentré de sincérité capable de faire chavirer mes états d'âmes. Une petite cuillerée chaque matin de ce précieux antidépresseur naturel et c'est une belle journée qui s'annonce.

Illustration : mon "câton"...

vendredi 11 avril 2014

Tout est question de point de vue

Changement de cap professionnel en prévision, encore de nouveaux responsables semble-t-il.
Il y'a quelques jours encore c'était pour moi une source de stress : devoir à nouveau faire mes preuves, apprendre à travailler avec de nouveaux collègues, risquer à nouveau d’être découvert à propos de l’incompétence à laquelle je suis persuadé être soumis.
Le changement me fait peur mais pourquoi? peur de l'inconnu, peur d'échouer?
Ce matin, état d'esprit inverse, première réunion en approche, premiers projets, tout me parait soudainement très intéressant, presque excitant : de nouvelles rencontres, de nouveaux objectifs, déplacements, etc...
Entre hier et aujourd'hui, les choses n'ont pourtant pas changées. J'ai le même train de vie, pour le moment, le même travail, pas de soucis personnels. La seule chose qui a changée réellement est mon état d'esprit.
Une journée qui démarre bien, un rayon de soleil, une femme aimante, des enfants affectueux et les obstacles deviennent d'un coup ridicules, insignifiants.
C'est étrange comme un problème, tout en restant le même, peut perde de sa grandeur tout cela juste en modifiant ses états d'âmes. Finalement, les épreuves ont l'importance et la difficulté qu'on leur accorde.
Les concepts de la psychologie positive m'aident également à dévaloriser ces moments anxiogènes : nouveaux objectifs, nouveaux collègues, nouveaux challenges etc cela signifie que l'on m'accorde de l'importance, de l’intérêt même, que je ne suis pas exclu du cercle des "têtes pensantes", que mon avenir professionnel n'est pas arrivé à son terme. Et quand bien même, je ne suis pas lié qu'à une seule entreprise... Voilà "l'astuce", convertir le négatif en positif. Rien n'est négatif à cent pourcent. Même dans le mauvais il y'a du bon, cela s'applique aussi chez l'humain. Certains de mes collègues bourrus le sont beaucoup moins une fois dépourvus de leur première écorce protectrice, une fois qu'ils se sont laissés aller à la discussion, à l'ouverture d'esprit. Un de mes talents caché est d'arriver à accéder à l'intimité des gens, parfois malgré moi les gens se livrent et je les découvre donc de l'autre côté du masque.
Tout est donc question de point de vue. De l'endroit d'où nous nous plaçons pour observer les choses et les personnes.
Au fil du temps, à force d'écoute et de ressentis, je finis par savoir quelles ficelles tirer pour modifier mes états d'âmes. Me concernant, la fatigue et l'environnement (le temps ainsi que la qualité de mes relations avec ma femme et mes enfants) jouent sur mon caractère. Une simple balade en plein soleil suffit parfois à faire monter mon "confiance-o-mètre" à son maximum. Un simple "je t'aime" de ma femme ou mes enfants et je deviens le plus heureux.
Changer de point de vue permet donc de voir la vie différemment, plus sereinement. Changer ses états d'âme est possible, accessible à tous.

Illustration : tout est possible en changeant de point de vue, même attraper un nuage ;-)