lundi 23 février 2015

Les automatismes de pensée

On ne m'a jamais vraiment dit que j'étais bon à rien, et pourtant, j'ai toujours cru cela. J'ai toujours pensé que mes idées, mes actes, mes choix etc étaient mauvais. D'où me venait cette auto-interprétation?
La manque de valorisation y est surement pour quelque chose mais de là à se considérer comme un moins que rien, il doit y avoir une autre explication.
Je pense que l'origine de cela vient du fait que je ne me suis jamais prouvé de quoi j'étais capable et cela a induit un comportement "boule de neige" : je ne fais pas cela parce que je n'y arriverai pas, résultat : je suis mauvais car je ne sais rien faire.
Et c'est bien dommage car nous avons tous, d'après moi, des capacités. La capacité de bien faire, de bien penser, de changer...
Pour s'en apercevoir, il suffit juste de faire sauter cette bride, cet automatisme de pensée qui nous dicte comment nous comporter face à des situations à risques ou de simples choix. J'essaye de faire cela. Parfois ça fonctionne, parfois non.
Parfois, je suis surpris de voir de quoi je suis capable et c'est doublement valorisant : premièrement parce que les choses que j'accomplis sont parfois des petites réussites (ma rigueur et mon perfectionnisme m'y oblige! j'aime parfois ces "défauts"!) et ensuite parce que cela prouve que je me suis trompé sur moi même et donc que les limites de mes possibilités peuvent être infinies! Une illusion de plus qui s'envol et j'aime me tromper...
Mais même l’échec est bénéfique, il permet de mieux se situer, mieux connaitre ses terrains de prédilection et les chemins à ne pas prendre... Mais je pense qu'il est inutile de se lancer dans une tâche perdue d'avance, seules celles où le doute subsistent peuvent être révélatrices.
Comme savoir de quoi nous sommes capable sans expérimenter? De plus l'erreur est en général moins pesante que le bénéfice de la réussite. Au fil des tentatives, notre portrait s'affine, on apprend à se connaitre et les erreurs deviennent de plus en plus rare. A l'image d'un enfant qui apprend à faire du vélo et qui au début tombe beaucoup puis de moins en moins, et enfin plus du tout.


Illustration : les automatismes de pensées nous amènent à penser maladroitement. Par exemple, les deux carrés de la première image sont de la même couleur (il suffit de placer sont doigt sur la ligne du milieu pour s'en apercevoir) mais le cerveau pense que les zones dans l'ombre sont plus claire... . Sur la deuxième image stéréoscopique, on voit apparaître un oiseau (qui y arrivera? ;-)
De la même sorte, le cerveau se fourvoie régulièrement et pense que les erreurs font de nous des imbéciles...

jeudi 29 janvier 2015

La lettre

Cela fait plus d'un an qu'il m'a écrit... j'avais hâte d'en savoir un peu plus sur lui, et pourtant... Un an que j'ai cette lettre, un an que j'imagine une réponse...
Voilà, je me lance... je fais la lettre...
A vrai dire, je ne sais pas quoi lui raconter... je sais même pas quoi lui reprocher. D'ailleurs, j'en veux à personne. Etant jeune, je l'avais un peu haï, puis pardonné, puis oublié. On fait tous des choix et des erreurs...
Je pense que j'avais idéalisé ce personnage qui finalement n'est rien d'autre qu'un inconnu à mes yeux.
Sur sa lettre, il précise qu'il ne tient pas vraiment à me rencontrer donc forcement, petit déception même si finalement, cela m'effrayait un peu et donc cela m'arrange... je finis même par me demander pourquoi je me suis lancé dans cette démarche.
Mais bref... il a fait l'effort de m'écrire suite à ma demande, je dois faire l'effort de lui répondre...
Pourquoi ai-je mis autant de temps à la rédiger? manque d’intérêt ou appréhension? Je sais même pas en fait. Toujours ce besoin de plaire et bien faire les choses, besoin d'écrire une jolie lettre... finalement juste envie de lui dire les choses...
Il avait mis une photo de lui, j'ai donc joint à la lettre quelques photos de nous histoire qu'il connaisse sa descendance. J'ai d'ailleurs appris que j'avais un frère qui avait deux enfants, qu'il aurait essayé de me retrouver il y'a dix ans. Un peu bouleversant de se dire que l'on a de la famille que l'on ne connait pas. La magie d'internet m'a permit de trouver quelques photos de lui, quelques traits de ressemblance, amusant... Bien plus encore, j'ai des tantes et des cousines... elles aussi inconnues... l'une d'elle m'avait dit avoir hâte de me rencontrer. J'ai du mal à comprendre cela, hâte de rencontrer quelqu'un que l'on ne connait pas? Pire, nous vivons tous à quelques kilomètres les uns des autres et cela depuis tout ce temps...

Je ne sais pas dans quoi je m'embarque... toute expérience est d'après moi enrichissante...

Sujet un peu intimiste... à suivre...

lundi 29 décembre 2014

Etre utile

J'ai remarqué que souvent mes moments de spleen se situent dans des phases de ma vie sans grandes activités, sans grands projets ou buts. Pas trop de travail au bureau, ni travaux à la maison, ni sorties entre amis ou famille. Alors, quand cette sensation d'inutilité me submerge un peu trop, quand je me sens vraiment inutile, je me lance dans l’exécution de simples tâches. C'est tout bête mais le fait de se sentir utile à quelqu'un ou quelque chose me fait vraiment du bien. Je pense que le train-train de la vie nous réduit vraiment à l’inexistence, nous transforme en "moutons" qui font les choses machinalement. Il suffit donc de temps en temps de se lancer dans un projet, même infime, pour voir que l'on peut servir à autre chose et se sentir un peu moins transparent. C'est très valorisant...
Je pense que j'ai (nous avons) besoin de nous sentir utile, a une cause, à nos enfants, à nos amis etc. Quel serait le but ou l’intérêt de sa vie sans cela?!?
La cause que j'ai choisis est celle animale. Les animaux qui ont la chance de se "perdre" chez moi seront très bien accueillis : bien nourris (peut être même trop!), bien logés, bien chauffés etc... A chaque petites attentions offertes, je me sens apaisé, valorisé, et aussi utile à ceux que je considère comme mes semblables. Cette bienveillance envers eux me donne bonne conscience peut être? Fais-je cela pour eux ou pour moi? Quoi qu'il en soit, cela me fait du bien et à eux également.
J'aimerais faire plus mais j'ai aussi mon rôle de père et de mari à jouer. A ce niveau aussi j'essaye d'être le plus utile possible : prendre le temps de jouer avec mes enfants (j'aime d'ailleurs entendre "elle est trop bien ton histoire papa!" quand je joue avec eux aux Légos), être le mari le plus aimant possible, m'occuper des tâches quotidiennes de la maison, des petits bricolages qu'impose une maison, etc...
Avec mes amis et le reste de ma famille également j'offre de mon temps dans les domaines qui leur sont utiles (les dépannages informatiques notamment). Rendre service sans ne rien attendre en retour et un bonheur!
Bref, toutes ces petites attentions me permettent de me sentir vivre et exister!
Je pense qu'effectivement, comme le dit l'expression, on peut "mourir d'ennui". Il est donc important d'occuper son esprit et son temps.

Bonnes fêtes de fin d'année à tous!

lundi 15 décembre 2014

"Droit dans mes bottes"...

... telle est ma ligne de conduite C'est à dire être (le plus) proche (possible) de ce que je suis... ce que je pense. De toute manière, je ne peux pas faire autrement, je suis mal à l'aise dans le mensonge et ça se voit. Mon comportement ainsi que ce que je dis, je pense, j'écris, tout cela c'est moi.
Mais parfois, je me demande si ce trait de caractère qui est le mien et qui est celui auquel je ne veux surtout pas déroger est une qualité ou si cela m'apporte du tort. En effet, parfois j'y vais un peu fort...
C'est ainsi que je me suis vu offrir à mon responsable injustement licencié, et que j’appréciais beaucoup, un sextoy estampillé du nom de la société et à la forme très évocatrice d'un abus de confiance et cela dans l'espoir secret que le message subliminal arrive aux yeux de son bourreau. Ou encore retarder, jusqu'à dépasser la date limite, le remplissage d'un questionnaire de bonne conduite à appliquer dans l'entreprise auquel je n'adhère pas, le tout juste pour montrer mon désaccord (la bonne conduite consisterait à dénoncer nos collègues aux comportements douteux... à cela, moi, je préfère d'abord le dialogue). Ou encore ne pas participer (quitte à être le seul) aux "verres de l'amitié" organisés par des responsables d'agences, ces mêmes personnes qui arrivent à cumuler jusqu'à dix congés maladie pour dépression parmi leurs employés ou ces autres qui délocalisent du personnel sans états d'âmes.
Alors, je serai tenté de dire que c'est une qualité d'être dans cette "dynamique" mais le problème est que cette mentalité fait parti d'une minorité. Cette forme d’honnêteté se transforme donc en rébellion... ce que je ne suis pourtant pas. Pire, je pense passer parfois pour l'emmerdeur de service et pourtant, j'essaye d'être le plus arrangeant possible.
Bref, j'ai de plus en plus de mal avec les comportements malhonnêtes, le manque de franchise et de respect.. Le simple fait de regarder un reportage sur les grands supermarchés Américain synonyme pour moi de marketing "enfumatoire" aux méthodes de ventes-sans-scrupules me met mal à l'aise. L'idée de ce monde régit par le profit et la performance me fait peur. Mon mode de pensée va de plus en plus à l'inverse de tout cela.
L'atmosphère de ce billet paraîtra agressif, pour moi, il semble juste honnête... une fois de plus peut être trop...

Illustration : être un honnête méchant ou un gentil menteur?!? personnellement ni l'un ni l'autre

jeudi 4 décembre 2014

Prendre le temps

Le monde moderne, ou plutôt notre façon de le vivre, ne nous permet plus de prendre le temps. Tous les matins, je pressais mes enfants en leur disant "dépêchez vous, on est encore en retard!", "pas encore finit ton petit dej'? on doit aller à l'école!" ou "trente secondes pour mettre tes chaussures?!? mais qu'est ce que tu fabriques!!!". J'essaye désormais de ne plus leur mettre la pression dans ma façon de leur parler mais malgré tout le fond du problème est toujours bien présent.
Il y'a beaucoup de choses que j'aimerai faire mais une fois ma journée de travail effectuée, le temps de trajet accompli, de retour à la maison, il faut s'occuper des devoirs, des animaux, des tâches quotidiennes (ménage, rangement, paperasse etc.).
Les tâches s'accumulent à la manière des patients au service des urgences... Comment gèrent-ils donc leurs files d'attentes? simplement en priorisant par degré d'importance.
J'essaye donc désormais de gérer mon temps en sous pesant l'importance de la tâche à accomplir, en fonction de sa valeur. Il faut prioriser certaines activités par rapport à d'autres, faire le tri entre les tâches réellement utiles, importantes, voir nécessaires, et celles que l'on peut laisser traîner quelques heures/jours de plus.
Je suis un maniac du rangement, je ne supporte pas le bazar (mais je m'arrange avec le temps et les enfants sont une bonne source d'apprentissage dans l'acceptation du désordre!) et si je devais suivre mon instinct, je serais continuellement en train de ranger ce qui serait aussitôt dérangé par mes enfants! inutile donc, perte de temps car ranger une fois par jour revient au même que ranger une fois par semaine. Idem pour le passage de l'aspirateur, si je devais le sortir à chaque miettes trouvées par terre j'y passerai ma vie.
De plus, la notion de tache importante est très subjective. Pour certain, méditer ou courir et un art de vivre, pour moi c'est plus une thérapie. Si je me sens bien, cela se ressentira et se transmettra à mes proches. Si cela est positifs pour eux, ce sera donc positif pour moi... la boucle est bouclée!
Malgré la foultitude de choses à accomplir, il y'a toujours moyen de prendre du temps pour soi. Il ne faut pas attendre que le temps se libère, il faut le prendre ou l'organiser différemment. La preuve en est que malgré le travail qui m'incombe depuis mes nouvelles fonctions, je prends le temps d'écrire sur ce blog. Cela me fait du bien, si je me sens bien, je travaillerais mieux... CQFD!
On passe notre temps dans le futur (à prévoir les choses à accomplir) ou dans le passé (à penser à ce qu'on a mal fait) alors qu'il faut juste apprendre à vivre le temps présent et le sentir s'écouler tout doucement.
Parfois je me surprends à marcher rapidement. Quand c'est le cas, je ralentis simplement mon pas. Ce simple fait suffit à ralentir les secondes, puis les minutes et cela créé du temps pour penser, profiter du paysage.... J'ai souvent lu que le corps influençait l'esprit et que le simple fait de maintenir un sourire permettait de se sentir plus joyeux, ralentir son pas permet donc surement de mieux sentir le temps passer.
Vivre son temps et temporiser sa vie voilà ma recette.

Illustration : la distorsion du temps imposé par le monde moderne!

vendredi 28 novembre 2014

Ne retenir que le meilleur

Pour mon plus grand plaisir, deux hérissons ont élus domicile dans mon jardin. Tous les soirs, je leur remplis une gamelle de croquettes à chat dans l'espoir que leur escale dure le plus longtemps possible.
Un week end, pour occuper ma fille de 12 ans et pour le confort de mes petites bestioles je décide de leur construire une cabane. Nous nous affairons donc à la confection d'un plan (mon perfectionnisme m'est à ce moment d'une grande utilité!) puis je passe à l'achat des matériaux. Je commence la découpe et au moment de l'assemblage, bien évidement, tout ne s'aligne pas au millimètre (cette fois mon perfectionnisme me torture l'esprit!). Je commence donc à m'agacer de cela me plaignant de ma mauvaise précision de découpe. Ma fille assistant à la scène m'interpelle et me dit "mais papa, c'est pas important ça, ce qui est important, c'est que tu fasse une cabane!".
C'est vrai, elle a raison... je me focalise sur des détails insignifiant... Ce qui compte, c'est ce petit confort que je vais offrir à ces "boules d'épines". De plus, sans le savoir, je pense que c'est une belle leçon d'humanité que j'offre à ma fille en me préoccupant du bien être des autres. Voilà ce qu'il faut surtout retenir.
Autre exemple. Un soir sur une radio locale, le sujet de la dépression est abordé. J'écoute l'émission et je constate que, tout comme dans les forums sur internet, ce sont surtout ceux qui souffrent qui témoignent. Ceux qui s'en sortent, qui arrivent à surmonter cette épreuve, disparaissent. Je décide donc d'appeler pour apporter ma petite touche positive. Je raconte donc brièvement mon histoire mais je viens surtout rapidement au fait que ce n'est pas une fatalité, que des méthodes existent désormais pour aider, ou bien déjà juste apaiser un peu (je sais malheureusement que certains cas grave son presque incurable mais le simple fait de témoigner créé du soutien). Une fois raccroché, dans ma tête je repasse en boucle mon passage à l'antenne  et évidement, je porte mon attention sur tout ce que j'aurais pu ajouter, ou mieux expliquer... Puis je finis par me dire que j'ai eu un peu de courage quand même, que peut être certains m'ont entendu et ont repris espoir, pourquoi pas après tout? Voilà, une fois de plus, c'est cela qu'il faut retenir d'après moi...

Parmi mes quelques lectures de psychologie, il me semble avoir lu que naturellement, le cerveau retient les échecs plutôt que les réussites pour une raison simple qui est que les erreurs peuvent être fatales et qu'il peut donc être vitale dans certaines circonstances de ne pas les reproduire (se faire mordre par un chien vous rappellera d'être plus méfiant la prochaine fois!)
Mais nous ne sommes plus à l'époque de la préhistoire et dans un mode de survie. Il est donc d'après moi préférable de retenir surtout nos succès (sans oublier les leçons de nos échecs bien sur!) pour se valoriser car on est jamais mieux servi que par soi même.

1ere illustration illustration : papa et maman hérisson!
2eme illustration : ma cabane imparfaite mais surement fonctionnelle!

jeudi 6 novembre 2014

Acceptation

Parfois, pour pas dire souvent, il m'arrive d'avoir des pensées existentielles. J'aime beaucoup ce genre de débat avec moi même, ces auto-interrogations sur le but de mon existence, de l'existence du monde même...
L'autre jour, en me promenant seul au milieu de ma belle nature, de ma belle campagne et des animaux que je peux croiser, j'ai eu à nouveau ces pensées qui sont venues en moi : "qu'est ce que je suis con à me stresser la vie pour rien!".
Pourtant, quelles sont mes exigences? quasi aucune, un rien me satisfait. Je ne suis pas carriériste et donc passer à côté d'un poste à responsabilité ne me frustre certainement pas!(au contraire, j'ai transmis à d'autres certaines de mes tâches). Je ne veux pas être riche, j'aurai trop peur de changer de comportement et je me sens bien plus proche des personnes qui n'ont rien. Je ne souhaite rien posséder, j'arrive à acheter selon le besoin désormais et non selon l'envie... (mais un progrès est toujours possible, il suffirait d'avoir encore moins de besoin!). Je m'en fous d'être beau ou laid, grand ou petit, avoir une grosse voiture ou une grosse maison...
Alors.... pourquoi je me stresse la vie? peut-être finalement que tout cela me touche....
Peut être parce que je suis malgré tout manipulé par ce monde de la performance qui m'oblige à entrer dans la norme du papa idéal ou être le parfait employé qui doit plaire à son chef et faire un max d'heures pour pas un rond ou encore dans le rôle du parfait copain qui fait rire tout le monde, apprécié de tous... J'ai l'impression que le fait de faillir à ces tâches me rabaisse, me fait perdre des points. Je suis tiraillé entre le besoin de plaire à tout le monde et le fait que ce ne soit pas possible.

Il me suffirait pourtant d'accepter tout cela. Qu'on est tous différents, qu'on aime pas tous les mêmes choses, les mêmes gens, qu'il y'a des personnes plus belles, plus drôles, plus riches, plus intelligentes, qui ont des carrières ou des maisons plus belles.... et que je n'y suis pour rien si ils sont "plus que" que moi... j'aurais fait mon maximum pour moi et ceux qui m’entourent (mes enfants, ma femme...).
Je dois accepter d'être juste moi même... accepter mes défauts sans pour autant être quelqu'un de mauvais parce que je ne suis pas parfait. Je dois accepter que certaines personnes me trouveront moche et/ou con mais que le problème ne vient pas forcement de moi... accepter mes erreurs, dans la vie et dans mon travail, je dois accepter aussi que ce blog ne plaise pas à tout le monde... assumer sans états d'âme ce que je penserais et ferais même si cela déplaît... après tout, ce n'est pas l'avis général qui donne forcement raison.

Pour aller plus loin dans cette acceptation, je dois aussi accepter le fait que certaines choses se produiront, que je le veuilles ou non, qu'elles me plaisent ou pas. La mort, la maladie, les choix de mes enfants (études, lieu d'habitation éloigné etc)... je n'ai pas le contrôle de tout et je peux me tromper...

Me stresser n’empêchera pas les choses d'arriver, au contraire, elles me tarauderont d'autant plus. L'acceptation permet, je pense, de vivre en paix avec moi-même et ce que l'avenir me réserve sans être en permanence sur le qui-vive...

Illustration : "Gru" moche et méchant! et alors? j'fais ce que je veux, c'est mon blog! ;-)... en fait j'ai rien trouvé d'autre à mettre.... les prémices de la page blanche?!?


lundi 3 novembre 2014

Sevrage Paroxetine

Trois ans que je gobe cet antidépresseur... En début de traitement, 20mg tous les matins (avec un petit Lysanxia (anxiolytique) pour me détendre, arrêté au bout de deux mois). Au bout d'un an, je baisse à 10mg. Il y'a trois mois, je suis passé à 10 mg un jour sur deux... Et maintenant, je me lance... plus rien.... (ça parait rien, mais c'est une étape!)
J'ai lu beaucoup de choses sur les forums concernant la difficulté de sevrage. Le problème est que tous les cas sont différents de par les causes, de par la durée de traitement, la posologie etc... L'autre problème est que ceux qui s'en sortent viennent rarement témoigner pour encourager...
L'arrêt de la Paroxetine comporte effectivement de nombreux effets secondaires (liste des plus fréquents sur ce lien sur ce lien). Me concernant les voici, de mon point de vue et de la façon dont je les ai vécu :

  * Angoisse, anxiété : pendant cette phase de sevrage, j'ai retrouvé ces "bons petits moments" de crise d'angoisse. La peur d'être malade, de mourir et de laisser ma famille seule. Peur que mes enfants se retrouvent sans père. Peur de devenir fou, de ne plus me contrôler, de devenir violent A cela s'ajoute les tremblements du corps tout entier, les traditionnels frissons dans le dos qui remontent jusqu'au cou et les claquements de dents. Le bon petit package de la peur, celle qui nous met dans des états de terreur quand on frôle la mort par exemple (accident de voiture évité de justesse, agression etc).
  * Confusion mentale : difficulté à comprendre ou agir normalement. Besoin de plus de concentration pour effectuer plusieurs choses, même juste pour suivre une conversation ou répondre simplement à une question en même temps que d'effectuer une tache quelconque même simple. Dangereux sur la route d'ailleurs, si je cherche ma route, je peux passer à un feu rouge ou griller un stop. Esprit en permanence dans les pensées. Parfois, mes enfants me parlent et je leur réponds même pas. Du coup, je deviens distrait (je perds mes affaires, je me rappels plus ce que l'on me demande) ce qui me donne l'illusion d'une maladie sous-jacente (alzheimer ou autres maladies qui touchent la mémoire... ce qui alimente à nouveau mes angoisses!)
  * Hyper-sudation : grosses bouffées de chaleurs et surtout, sudation extrême. Corps tout entier en sueur, les gouttes perlent sur mes jambes. Le moindre vêtement me donne chaud (une raison supplémentaire pour rester nu chez moi! ;-)
  * Maux de tête : je suis migraineux mais là, les fréquences des maux de tête augmentent. Quasi tous les jours. Mais j'ai quelques médicaments miracle donc, très peu handicapant.
  * Trouble de l'équilibre : léger déséquilibre pendant la marche ou la course. Sensation de pencher voir de tomber.
  * Envie de pleurer : sans raison particulière, variation de l'humeur qui passe de la joie à la tristesse. Un simple pleur de bébé peut me mettre dans des états de spleen démeusurés.
  * Quelques épisodes d'insomnie : tourner pendant 4 heures dans le lit, ça m'arrive quelque fois. Le bon moment pour ruminer! Quand cela arrive, je m'occupe l'esprit jusqu'à atteindre l'endormissement.
  * Troubles sexuels : non! je rentrerai pas dans les détails! ;-)

Je suis actuellement à une semaine sans aucun traitement. Je ne suis donc pas du tout sorti d'affaire encore mais étrangement, je n'ai pour le moment plus aucun de ces symptômes. Je les avais surtout pendant les phases de modification du dosage médicamenteux. Je prenais 10mg un jour sur deux, peut être que cette fluctuation (un jour avec, un jour sans) était la cause de l’apparition des symptômes. Comme si c'était la modification de dose qui amenait les symptômes de sevrage. C'est pourquoi il est important de diminuer trèèèèès progressivement.  La solution sirop (Deroxat) est parfaitement adaptée pour cela. J'y avais eu recours mais trop tôt (au bout de seulement un an, sans profonde remise en question, sans modification d’hygiène de vie, de mode pensée etc), donc rechute mais avec ce sirop on peut doser au mg prêt.

Ce n'est pas la première fois que je tente un sevrage et à chaque fois, alors que j'allais bien, les symptômes dépressifs et anxieux réapparaissaient. Je reprenais donc le traitement. Peut être étais-je prêt et ces symptômes n'étaient liés qu'au sevrage... c'est pourquoi il est important de tenir (dans la limite du supportable bien sur). Pour le moment je me sens bien ainsi mais personnellement, même si je préfèrerai n'avoir recours à aucun médicament, je suis prêt malgré tout à reprendre un traitement de ce type si cette nouvelle tentative échoue et si cela améliore ma qualité de vie. Je considère le mal être et l'anxiété comme un poison, au même titre qu'un médicament donc quitte à s'empoissonner autant que ce soit pour avoir une belle vie.

Je sais, pour le vivre, qu'il est difficile de ne pas retomber dans la prise de médicament mais il faut absolument se convaincre que les symptômes sont liés au sevrage et non à une rechute. Mais ce dernier commentaire concerne ceux qui ont réellement fait des efforts de remise en question. Les médicaments ne guérissent pas, ils redonnent juste les "commandes" de notre esprit le temps de se reprendre en main...

Illustration : structure de la paroxetine... juste pour passer pour un intello' ;-)



mardi 14 octobre 2014

Souffrir à deux, c'est mieux... ?!

Parfois, je me demande si la souffrance est plus légère quand elle est partagée voir même vécue à plusieurs... c'est du moins le questionnement que j'ai face à la réaction de certaines personnes...
La société dans laquelle je travail est en train d'être intégrée dans une autre. Certains collègues ont déjà subis cette absorption. Quand je les ai au téléphone je leur pose donc la question légitime, puisque c'est ce qui m'attend également, des conditions de reprise, tous ont le même discours : "Holala, tu verras, c'est la misère, tout change et pas dans le bon sens! vous allez en baver!"... Là ou moi j'aurais répondu pour essayer de rassurer (alors que je sais pertinemment que certains vont être lésés voir envoyés vers la sortie, inévitable lors d'un rapprochement d'entreprise) "Attendez de voir, tous les cas sont différents et pour le moment, on a toujours du travail, il ne faut pas se plaindre" eux me décrivent un tableau apocalyptique. Je ne sais pas si c'est un trait de caractère de la personne ou la nature humaine mais c'est étrange ce besoin rassurant semble-t-il d'être à plusieurs dans la même galère...
Autre exemple avec ma sœur, mère pour la première fois depuis quelques mois et pour qui parfois les nuits sont difficiles et la fatigue grandissante (comme pour beaucoup des nouveaux parents, ce que j'ai également vécu). En parlant de ma fille qui va atteindre les treize ans, l'âge bête comme on nous le répète assez souvent "Tu vas bien t'amuser avec ta fille, elle arrive dans l'âge où ça va devenir compliqué! et vu son caractère!"... une fois de plus là où moi j'aurais dit "tous les enfants sont différents, je suis moi même passé par là, je ne suis pas devenu délinquant pour autant!". C'est tellement bon de savoir que d'autres vont (peut être) plus souffrir, on se sent moins seul pour traverser la période des couches, des vomis et des biberons.... semble t il?
Mon fils aussi qui dénonce son frère quand il échappe à une punition méritée pour un acte que nous ne l'avons pas vu commettre...
Ce "syndrome" (la jalousie peut être) touche de plus la famille comme les amis, encore plus les ennemis, nous ne sommes donc à l'abris nul part.
Quelle est l'intention de celui qui "rassure" de la sorte? Peut être malgré tout de l'attention, comme pour avertir d'un danger? Ou simplement transmettre la peur..., si c'est le cas, cela fonctionne car la rumination se met en marche (chez moi en tout cas) souvent suite à ces "messages de soutien".
Peut être aussi que ces personnes n'aiment pas voir chez les autres la réussite. C'est énervant pour certains de voir que d'autres traversent la vie sans problèmes peut-être? Pourquoi eux? Encore plus irritant quand cette réussite n'est pas méritée, quand elle est transmise (famille riche, fils de patron d'entreprise...).


Illustration : surement un homme qui veut se sentir moins seul là où il habitera désormais pour toujours. Drôle malgré tout...

vendredi 10 octobre 2014

Juste dose

Samedi soir, invitation chez ma mère avec quelques membres de ma famille. Le repas démarre dans une bonne ambiance, alcool et fromage fondu pour le plus grand bonheur de mes petites rondeurs...
Les repas en soirées s'éternisent souvent et les enfants finissent par tourner en rond. Mon fils commence à roder autour de nous en quête d'une occupation. Pour passer le temps, on décide de lui faire faire quelques opérations mathématiques simples de son niveau, le CE1. Mon fils est bon élève et s'en sort plutôt bien avec l'exercice qui lui a été soumis. Dans un élan de fierté, je lance un petit "tu es intelligent mon fils". Ce message, bien que destiné à mon garçon, arrive aux oreilles de ma mère qui contrecarre en répliquant "arrête de lui dire ça, il va prendre la grosse tête" le tout avec un regard d'agacement (j'ai du lui dire trop souvent peut être?!?). Je sens que cette réflexion m’interpelle, me contrarie... Ma mère a mis le doigt très précisément sur ce qui a manqué à ma construction: la valorisation, cela même qui permet à un enfant de se construire, construire la confiance qu'il aura en lui au travers du regard des autres. Elle me demande donc à cet instant d'appliquer l'erreur qu'elle a elle même commise...
Le repas se termine et je repars donc avec ça sous le bras comme on dit...
J'essaye de ne pas ruminer sans pour autant oublier cette "affaire" car d'un autre côté je trouve que cela mérite réflexion. La survalorisation crée d'après moi des enfants prétentieux ce qui n'est donc pas bon pour autant (quoi que à notre époque.... peut être? mais cela ne correspond pas à mes valeurs et à celles que je veux transmettre). Alors, quel est donc le juste milieu, la juste dose à délivrer à mes enfants? C'est cela d'après moi le bon paramètre. Certains en ont beaucoup besoin, d'autres moins, il faut donc composer en fonction de la personne ce que je fis donc la veille car mon fils est très sensible aux jugements qu'on lui porte.
Mon rationnement est il juste? malheureusement, la réponse me sera présentée que trop tardivement, quand mon fils sera en carence ou en surabondance. Même si le tire reste corrigible, je préfère prévenir que guérir, les guérisons psychologiques étant toujours plus compliquées que la prévoyance (et je sais de quoi je parle!).
Bref, je décide de ne pas changer mes habitudes c'est à dire qu'aux compliments j'ajoute de temps en temps une pincée de désaccord pour qu'il n'oublie pas que l'erreur est toujours possible ce qui rappel que la raison n'est pas infuse et cela permet de garder les pieds sur terre.
Mais je pense ne pas être objectif sur ce sujet vu qu'il me touche en plein cœur...

Illustration : photomontage amusant trouvé au hasard sur internet (merci à son créateur que je ne connais pas!) et qui tombe pile au bon sujet