mardi 18 février 2014

Déficit de l'inhibition latente

Je me suis toujours posé beaucoup de questions, sur tout, et sur rien...
Sur la nature, les gens, l'univers, le microscopique, "l'énormissime", l'invisible, etc.. Tout me paraissait être source d'information. Je pouvais rester à observer pendant des heures des choses qui, pour certains, paraissent insignifiantes, ennuyeuses.
Quand je discute avec une personne, j'ai l'impression de voir au travers, je l'analyse : un simple froncement de sourcil signifie le doute, un regard fuyant, le mensonge, etc... difficile de me concentrer sur la discussion au final.
Quand je tourne ma clé de contact le matin, pour aller au travail, je peux entrevoir l'acheminement de l'essence dans le moteur, avec précision, sa transformation, puis son explosion, et ensuite tout le mécanisme qui propulsera ma voiture. Je ne suis pourtant pas passionné de mécanique.
Hier encore, je jouais à "l'accident de voiture" avec mon fils de 3 ans. On s'envoyait ses voitures et à chaque collisions, je ne pouvais m’empêcher d'imaginer la tôle vibrer à chaque chocs, les rivets se desserrer légèrement, les points de résistance lâcher un à un jusqu'à ce que le jouet se disloque, je vois tous ces éléments dans mon imagination avec une grande précision. A la simple ouverture du sèche linge que je tente de dépanner, j'imagine son fonctionnement : le flux d'air chaud et la façon dont il est transporté, la purge de l'eau etc.... Quand j'insère un DVD dans le lecteur, je peux apercevoir son faisceau se refléter à la surface du disque, en collecter les informations puis les retranscrire sous forme d'image (je résume pour ne pas saouler le lectorat mais mes pensées poussent le détail à son extrême! ma culture d'informaticien et d’électronicien m'y aide!). Tout ces exemples paraissent anodins, barbants même, mais donne un aperçu de cette vision que j'ai des choses. Quelques exemples parmi tant d'autres qui ne cessent de s'étayer au fil du temps.
Je ne me suis jamais posé la question de la normalité à ce niveau, j'ai toujours pensé que l'on fonctionnait tous de la même manière..
Et un jour, en regardant une série américaine (plus précisément Prison Break), le personnage principal était doté de cette même capacité d'analyse (exagérément sur-développée). Sur le moment, ça a raisonné en moi sans trop savoir pourquoi, pensant que ce syndrome était simplement issu de l'imagination du scénariste.
Dernièrement, je me suis concentré à nouveau sur ce phénomène (qui malgré tout, me laisse dans l'interrogation depuis toujours) et au fil de mes recherches, je suis tombé sur divers forum de personnes souffrant de ce même "défaut". Puis le terme inhibition latente a fait son apparition. Les symptômes (stress, migraines ophtalmiques suivis de céphalées très douloureuses, hypotension etc.) ainsi que les comportements, évolutions et développements des différents écrivains de leur enfance à l'age adulte me correspondent totalement. Dans un mode de fonctionnement normal, cette fonctionnalité du cerveau permet de ne conserver que l'essentiel des informations qui nous parviennent au travers de nos sens. Les personnes défaillantes stockent toutes les informations, sans exception, plus aucun filtrage ni critère de sélection. La vision du monde, des choses, des gens n'est pas superficielle mais profonde. On a besoin de savoir comment et pourquoi cela fonctionne. Les détails n'en sont pas, ils font parti intégrante des choses.
Hier soir, mon fils a dessiné un footballeur en prenant pour modèle un de ses livres. Il n'a pas pu s’empêcher d'ajouter les crampons. Lui aussi a le soucis du détail. Souvent il me pose des questions existentielles : pourquoi ci, explique moi ça. Il invente des méthodes pour faire ses additions, échafaude des techniques et des stratégies au foot. Il a tendance a aller chercher plus loin, plus profond, dans l'information qu'on lui transmet. Je lui ai peut être transmis mon troisième œil, serait-ce donc génétique? Mon père est très habile de ses mains, un "artiste menuisier" capable de tout fabriquer. Ne faut-il pas une réflexion particulière pour cela? Avoir la faculté de concevoir des plans dans son imagination avec la plus grande précision?
Sur tous les forums que j'ai parcouru (exemple ici ou là) beaucoup se plaignent de ce "mal". C'est pourtant une aubaine, un don de la nature. Il faut apprendre à canaliser cette source intarissable car il est vrai que lorsqu'elle nous submerge, elle peut nous empêcher de dormir, voir même, nous met dans des états de nervosité difficiles à gérer.
Paradoxalement, malgré la quantité de donnée emmagasinée, cela m'empêche de me concentrer et répondre rapidement à une interrogation (comme un bureau mal rangé sur laquelle je perds du temps à retrouver un minuscule post-it!). Avoir plein d'informations c'est bien, savoir les retrouver, c'est mieux! Je suis même connu au travail pour mon manque de mémoire alors qu'en fait, ce serait plutôt un manque d'organisation ou de concentration (pour preuve, je ressors souvent des détails insignifiants dont personne ne se souvient).
Ce qui explique ma médiocrité à l'école et un niveau intellectuel normal (ce qui corrobore avec les témoignages que j'ai lu). Le profil scolaire des "souffrants" est souvent le même : élève moyen, scolarité banal et sans difficulté particulière, "monsieur tout le monde"...
Lors d'une de mes crises d'angoisses, ces moments où on perd le contrôle totalement de son corps mais aussi de son esprit, j'ai vécu une de ces "tempêtes" : les informations me parvenaient de partout, des centaines de pensées désorganisées, incontrôlables, et toutes n'ayant aucun lien les unes avec les autres, défilaient dans ma tête. Le problème est donc surtout là : apprendre à organiser et à accéder à cette info-thèque. La méditation à du agir sur ce point car elle apaise et surtout apprend à avoir du recul sur ses pensées,  les voir sans les suivre, sans s'y empêtrer.
Tout ce cheminement permet de me connaitre un peu plus, de comprendre mes choix (l'informatique à du m'attirer du fait de sa source d'information en continuel évolution et source de réflexion inépuisable), mon amour pour la nature et le mystère de sa création, de son existence, sans oublier le corps humain, si magique et pourtant si logique.
Ce billet paraîtra surement ennuyeux pour ceux qui n'ont pas la même "logique" de réflexion (et peut être me prendra-t-on pour un dingo) mais je le publie dans l'idée que d'autres se reconnaîtront (pour provoquer ce que j'ai ressenti en me reconnaissant dans d'autres forums/blogs) et viendront en discuter ici et avec moi.

Première illustration : le fonctionnement du microprocesseur, l'équivalent de notre cerveau, reçoit traite et transmet TOUTES les informations...
Site traitant de l'inhibition latente : http://www.talentdifferent.com/le-deficit-d%E2%80%99inhibition-latente-mecanisme-de-la-creativite-1126.html

vendredi 7 février 2014

Colère!!!

Mercredi, petit désaccord concernant mon remboursement de note de frais. Du coup, je tarde à récupérer mon dû. A plusieurs reprises je contact la personne en charge de cela et à plusieurs reprises elle me dit que je serai remboursé prochainement. Je suis patient... mais les semaines de retard deviennent des mois et j'en suis désormais à deux moi et demi de retard.
Je suis à nouveau en déplacement mais cette fois ci dans les mêmes locaux que la "fameuse" personne en charge de mon règlement. Je n'avais pas prévu d'aller la voir mais en repensant à cette affaire, je sens mon sang bouillir. Étrangement, plus rien ne compte d'autre que d'aller la voir. Inutile de continuer à travailler, je ne pense plus qu'à ça. La colère s'est déjà emparé des commandes de mon esprit. Je prends donc le chemin de son bureau avec pour vitamine la rumination de cette histoire.
Arrivé dans le bureau, ne connaissant pas son visage (nous ne communiquons que par mail) mais ayant une idée malgré tout, je la montre du doigt énergiquement en lui demandant si c'est bien elle. Réponse affirmative de sa part. Je ne tourne pas en rond et vais droit au but de la discussion en exprimant mon fort mécontentement, sans pour autant hausser le ton. Premières explications de sa part dans un grand balbutiement que j’interprète comme une première déstabilisation, un premier round dans lequel je sors vainqueur. Sa réponse ne me convient pas, j'argumente donc avec insistance pour obtenir une explication claire et un remboursement. J’agrémente le tout avec un brun d'humour noir ce qui amène chez certains des collègues de sa tribu (supposé être ses alliés) des petits rictus voir même éclats de rires étouffés, cachés. J'ai donc apparemment le soutien, voir l'approbation de l'assemblée ce qui me donne encore plus l'illusion d'être le dominant dans ce conflit. Le niveau de colère augmentant à force de ressasser cette histoire, je commence à monter le volume de ma voix comme pour achever ma proie. Son regard se détourne et ne sait plus trop où se poser ne trouvant le soutien de personne. Je conclue en "menaçant" de suivre cela de prêt et que je restais aux aguets. Je sors enfin du bureau sans même lui laisser le temps de dire un mot et en lui tournant le dos.

.....

Drôle de récit en terme de leçon de morale mais aussi d'émotions. En sortant du bureau, j'aurais du éprouver un peu de fierté à l'idée d'avoir su exposer mon mécontentement aux yeux de tous, sans gêne ni honte. Surtout que cette même personne est détestée de beaucoup d'autres collègues car ses retards de paiements sont fréquents. J'étais donc là pour moi mais aussi, en quelque sorte, pour la cause de tous les autres plaignants. Ma colère aurait du être assouvie par cette "mise à mort". Mais pourtant, je ressens une sorte de honte par la suite. J'ai honte de moi, honte d'avoir affiché quelqu'un qui a peut être des justifications que je ne lui ai même pas laissé le temps de m'exposer. Honte de ne pas avoir été celui que je veux devenir : un sage plein de morale et de bon sens.

La colère, cette émotions de base, est une belle arme de défense mais aussi finalement, d'attaque. Utilisée à bon escient, je pense qu'elle peut nous sortir des problèmes. Mais utilisée en soupape de sécurité pour relâcher la pression, elle nous met dans états incontrôlable. De là à ce que la violence s'en mêle, il n'y'a qu'un pas.

Illustration : quand la colère prend les commandes de notre esprit, quand elle ne laisse plus place à la réflexions, à la lucidité, nous transforme en bête (dans les deux sens du terme). Nous sommes donc livrés à l'instinct animal.

lundi 27 janvier 2014

Détachement

Le cheminement que je mène désormais, depuis ce petit allé-retour en enfer qu'est la dépression, m'oriente inconsciemment vers une forme de détachement. De mon point de vue, le détachement est une délivrance vis-a-vis de ces modes de pensées automatiques que l'on nous inculque depuis la naissance et que l'on entretient tout au long de notre vie par l'intermédiaire des médias, de l'éducation...
Ce que je constate est que le détachement créé la liberté, la liberté d'être ce que l'on est réellement face aux autres mais aussi face à soi. La liberté de dire sans honte ce que l'on pense, ce que l'on veut. Parfois cela choque mais aussi crée l'authenticité. Cette liberté d'être est ce à quoi j'aspire désormais.
J'ai toujours été trop attaché à la satisfaction de mes responsables dans mon travail, à ce que pensent les autres de moi, l'image que je dois dégager face aux autres. Tout cela créé au final un "non-être", un acteur de mauvaise série, un personnage sans saveur, pire, parfois un hypocrite, prêt à dire ce que les autres veulent entendre dans le plus grand désaccord avec moi même...
On s'efforce de plaire à nos parents, nos amis, nos collègues. Mais quand ceux ci sont défaillants, et c'est souvent le cas, on vise une cible mouvante, un devoir de plaire qui change tout le temps. A peine la cible est atteinte, de plus avec difficulté, qu'elle n'est déjà plus la même. On ne choisit pas son entourage, on nous l'impose par le biais des rencontres que l'on fait et non par affinité. Il est donc difficile de plaire à tout le monde.
Plaire à ma mère était, d'après moi, une obligation liée à ce qui nous uni, un devoir de respect imposé. Mais finalement, malgré son "grade" de matriarche, elle peut, comme le plus inconnu des quidams, être défaillante. Son regard sur moi et la valeur qu'elle me porte et qui me construit peut donc l'être aussi. Grandir à travers son regard risque donc de me porter préjudice. Se détacher de ce devoir de plaire à ses parents à tout prix permet parfois de se préserver d'une "malformation émotionnelle".
Ne plus chercher à plaire sans pour autant déplaire. La juste frontière est infime et difficile à atteindre.
Le fait de ne plus évoluer à travers le regard de l'autre mais à travers sa propre satisfaction créé une forme de liberté, d'indépendance, que je commence à ressentir et à apprécier. Ce plaisir d'être sans contrainte me soulage en quelque sorte, je le sens, je suis moins nerveux, moins tendu physiquement. Ce qui prouve à nouveau le lien corps et esprit.
Se détacher aussi des fausses croyances comme celle qui me fait croire que si je perds mon travail, je n'en retrouverai pas un autre. Si tel était le cas, je n'aurai pas trouver ce travail. J'ai été capable de m'insérer dans un groupe, d'être accepté, de me faire de nouveaux collègues et amis, ce parcours peut donc se reproduire à nouveau. Mon avenir professionnel est devenu incertain et a tendance à m'angoisser mais petit à petit je me détache de cette étreinte et m'imagine déjà ailleurs. Une sorte d'entrainement de l'esprit...
Se détacher enfin de tous ces biens matériels. Le confort matériel et pécuniaire créé l'illusion de la sécurité. Et pourtant le bonheur s'adresse à tous, pauvre comme riche. Mais le monde dans lequel nous vivons nous fait penser le contraire. Avoir plus et mieux que l'autre est devenu l'unique but à atteindre. A la question "est-ce bien utile" peu savent répondre. Moi même me pose encore parfois la question lors d'achat impulsifs...
Je me détache donc petit à petit de ce qui me lie au stress, à l'anxiété et à l'angoisse. Ce cheminement est long, d'autant plus long en "autodidactie". La psychothérapie m'a aidé à défaire certains cadenas, briser certaines chaînes, à ouvrir la réflexion sur moi même et à lancer mon introspection.
Le plus dure est de tenir bon car le naturel refait son apparition régulièrement. Ce nouveau mode de pensée doit devenir naturel. L’élasticité du cerveau permet heureusement, et à tout âge, de tisser de nouvelles connexions, de nouveaux automatismes... de faire de moi une nouvelle et meilleure personne...

lundi 23 décembre 2013

Nostalgie...

Mon grand père nous faisait souvent des séances de projections avec son vieux "super 8". Après chaque annonces, tout le monde s'impatientait, c'était le moment attendu de la fin de journée. Le cinéma improvisé était installé dans leur chambre. Les souvenirs de vacances étaient projetés sur un drap blanc, le cliquetis des rouages de la caméra en guise de bande son. Parfois, la pellicule se bloquait dans l'appareil et la lampe, en un instant trop court pour réagir, la brûlait. Les personnages se déformaient sous nos yeux. Un temps de pause - l'entracte en quelque sorte - était imposé le temps que notre projectionniste recolle les 2 morceaux de pellicules.
Ma grand mère - nourrice à l'époque - en tablier, uniforme de rigueur de la "nounou", et mon grand père, en tenue de travail : salopette en jean bleue. Quelques apparitions d'enfants, que je reconnais à peine, dans la vieille maison de brique qui m'hébergeait, celle où j'ai vécu ma jeunesse, celle de mes grands parents, mes parents de substitution...
Tous les ans, pour noël, la famille se réunissait. Les cousins et cousines étaient jeunes. Les oncles et tantes pour certains méconnaissables. Certains avaient encore la moustache, d'autres, encore leurs cheveux. Tout le monde semblait s'amuser. Le faux père noël, avec son faux gros ventre et sa fausse barbe, amenait ses quelques petits cadeaux. Nous avions peur car le mythe entrait chez nous! Depuis le temps qu'on nous en parlait...Que c'est beau la naïveté dans les yeux des enfants.
Il y'avait aussi les années camping. Charger la caravane et ne pas oublier les traditionnels jeux de vacances : 1000 bornes et autres jeux de cartes ou de plateau. Des jeux simples...L'excitation augmentait au fil du temps que le départ approchait. La route faisait parti du voyage : préparation de la banquette arrière pour éventuellement faire la sieste ou lire pendant les longues heures à venir. Nous étions ensuite entassés à douze dans une caravane minuscule et peu confortable. Le tout dans un camping qui n'était rien de plus qu'un champ. Les exigences de l'époque n'étaient pas les mêmes. La joie et l'amusement était par contre bien plus présent que maintenant...
Je faisais quelques timides apparitions. Un coup en maillot de bain l'été, un coup emmitouflé et en cagoule l'hiver. Amusant aussi de voir les modes de l'époque.
Sans oublier tous les animaux qui ont suivi mon existence. Les dizaines de chiens et de chats. Impossible de vivre sans animaux...
J'aime revoir les vieilles battisses d'époque dans ces images et essayer d'imaginer les vies qu'elles ont du abriter. Les bons comme les mauvais moments. Pour les plus vieilles, les temps de guerre...
La fin de pellicule est arrivée, elle tourne autour de la bobine en fouettant la caméra. L'écran devient blanc, la lumière se rallume.
Parmi toutes ces personnes, certaines ne font plus parti de ce monde. D'autres, toujours, mais les histoires de famille nous en séparent.
Rien que de me remémorer ces moments m'amène d'anciennes et belles émotions. Entre la joie et la tristesse : la mélancolie. Le temps passe,on surmonte tant bien que mal les épreuves. Chaque échec ou réussite nous façonne un peu plus.
Ne jamais oublier ses racines et son parcours. Elles sont le socle de ce que nous sommes et deviendront.

La caméra est là, abandonnée dans un carton. J'entends ses acteurs trépigner d'impatience à l'idée de rejouer la scène...


mercredi 27 novembre 2013

L'esprit est une formule chimique

Le corps est une usine chimique dont chaque formule est unique. Le conscient (l'esprit), et le subconscient dépendent de cette formule fragile et instable. Je pensais que l'esprit était figé pour toujours, impossible à modifier mais finalement, nos humeurs, réactions, réflexions etc dépendent de cette formule qui, elle, peut changer.

Dernièrement, lors d'une visite chez le docteur, nous parlions de ma période dépressive et il m'expliquait que les humeurs ne dépendent pas seulement de notre environnement, de ce qui nous arrive dans la vie, nos malheurs et bonheurs, mais aussi, pour certains, moi peut être, du niveau de sérotonine en déséquilibre ainsi que d'autres composantes. Chose que je savais grâce à toutes mes lectures sur le sujet mais finalement, cela prouve bien que nous ne sommes que le résultat d'une longue formule chimique. Un simple dérèglement, un changement de valeur dans la formule et nous changeons. Pour modifier l'esprit, il suffit donc de changer cette formule (et aussi d'en avoir la volonté!)... Le composant médicamenteux permet cela. Mais pas seulement.
Me concernant, le soleil me procure du plaisir. Manger, boire et faire l'amour également (grâce à la dopamine "hormone de la récompense"). Sans oublier le footing que je pratique de plus en plus assidûment (sécrétion de l'endorphine, "hormone du plaisir") et la méditation qui m'apaise et fait resurgir d'anciennes et belles émotions. La qualité de mon sommeil joue aussi énormément sur mon moral. J'ai donc du, en tant que couche tard invétéré, changer mes habitudes ce qui est très difficile car elles reviennent souvent à la charge! Je m'en rends compte, quand je suis fatigué, je suis irritable et les prémices de la dépression rôdent tel de vieux charognards dans l'attente de mon agonie... Plus subtilement et étrangement, l’émerveillement et le profond respect que j'ai en observant la nature, les animaux et les insectes m'amène dans des états de sérénité. J'aime beaucoup aussi observer mes enfants vivre et même faire de petites bêtises, cela les rend profondément humain et me rassure quant à eux (j'ai toujours pensé que les "petites bêtises" faisaient parti du bon apprentissage de la vie d'un enfant, la recherche de limite et d'aventure... peut être parce que j'en ai beaucoup fait?!? ;-)

Tout cela pour dire que notre humeur peut être modifiée et pas seulement grâce aux médicaments. Rien n'est gravé. Il faut juste se focaliser sur les choses qui procurent du plaisir et s'y attarder, prendre du temps pour soi, pour son bien être et la formule changera. Pour mon cas, c'est long et cela n'évite pas le retour heureusement éphémère de mes mauvaises habitudes mais petit à petit, le changement opère...


Illustration : formule chimique de la sérotonine, neurotransmetteur agissant sur l'humeur
Lien interessant : http://claude-bernard-tpe-chocolat.e-monsite.com/pages/au-niveau-du-cerveau.html

jeudi 31 octobre 2013

Le soleil est partout!

Il y'a un mois, j'étais en formation une semaine sur Paris. Paris.... et ses bouchons, et son fourmillement de gens sur les routes et dans les rues.
Sur la route, a l'approche de la capital, le flot de voiture se densifie et m'entraîne presque malgré moi, plus possible de ralentir ou de changer de voie. Si je suis mal positionné, je loupe une sortie.
Une fois arrivé proche de la destination, je dois trouver une place pour me garer. Aucune place libre bien sur et je suis en retard. Le temps de trajet n'est pas possible à prévoir, il varie tous les jours. A peine une place se libère qu'elle est prise aussitôt et sous mes yeux. Il faut donc tourner et repasser plusieurs fois bêtement au même endroit en espérant inutilement que la place juste devant ma destination se libère.
Ensuite, je continue à pied. Encore une fois, en suivant le flot dense et incessant des piétons qui avancent en regardant droit devant... mais sans rien voir. Leurs yeux ne reflètent rien, aucune expression. Je croise un homme qui parle seul, marchant pieds nus dans le caniveau... ça semble normal ici...
Enfin j'arrive dans la salle de formation. Bien sur je me suis perdu avant, trompé de bâtiment, puis de porte. Le cours était déjà commencé, tant pis.... je ne suis pas Parisien... je n'ai pas l'habitude de tout cela... et je ne m'y ferais jamais....
Le premier jour fut éprouvant car à chaque fois je rumine le même constat : "je ne pourrai jamais vivre ici! mais comment font ils tous?!?"
Le deuxième jour, plus fataliste, je me laisse porter.... et j'arrive finalement à l'heure à mon rendez vous. A quoi bon se lamenter...
Le troisième jour je pars en avance pour prendre le temps de m'arrêter dans un bistro où je prends un chocolat chaud à 3€... tarif normal ici... Finalement, en se posant un peu, on remarque, voir même on apprécie, certaines choses... même dans une ville où l'on est mal à l'aise.
Avant dernier jour. Je commence à remarquer des personnes, au même moment, au même endroit, faisant les mêmes choses. Le marchand de fruit et légumes qui expose et organise ses cagettes. L'éboueur qui ramasse ses feuilles. Le coureur autour d'un parc... Les signes d'une journée qui commence. J'aime regarder les gens vivre...
Dernier jour. Même si l'accoutumance commence à agir, j'ai un peu hâte que cela se termine malgré tout. Beaucoup de route et de fatigue. Je marche donc rapidement, comme pour faire passer le temps plus vite?!
A l'angle d'un trottoir, je me retrouve bloqué en fin de cortège d'enfants qui sortaient d'une crêche. Je commence ma manœuvre de doublement. En tête de file, la personne responsable commence une comptine. La "tête dans le guidon" et déterminé à doubler, j'entends malgré moi les premières voix d'enfant relayant la chanson. Puis, petit à petit, tous les enfants chantent miment et rient! A ce moment, je ressens du plaisir à les écouter, à les regarder. Je décide de ralentir et repasser derrière eux pour profiter du spectacle malheureusement éphémère. La file indienne tourne à gauche, moi à droite. Je les entends de moins en moins. Je me retourne plusieurs fois pour en "reprendre un peu" comme étant petit quand je léchais l'assiette pour ne pas perdre une miette d'un bon plat...

Le plaisir et le bonheur est partout, il suffit juste de le voir, juste de s'ouvrir un peu au moment présent. Malheureusement, nous avons des œillères et rien n'est fait pour nous les enlever...

Illustration : même derrière les nuages gris, le soleil est toujours là

mardi 29 octobre 2013

Stress, trac.... et bêta-bloquant

Le stress est une arme de défense de l'organisme pour répondre à une sollicitation d'urgence. Face au danger, le corps déclenche un ensemble de processus physiologique permettant de réagir : fuir ou combattre.
Le système nerveux sympathique se met en fonction. Son rôle permet de stopper les fonctions non vitales en cas d'urgence et consommatrice d’énergie (exemple la digestion) et augmente celles utiles en cas de danger (dilatation de la pilule pour mieux voir, augmentation du rythme cardiaque et libération d'adrénaline pour réagir plus rapidement...). Une fois le danger passé, le système nerveux parasympathique stabilise l'organisme.
Quand le danger perdure, l'organisme s'épuise. L'excès de cortisol (hormone faisant parti du processus sympathique) fini, à long terme, par instaurer un état anxieux pouvant amener à la dépression.

J'ai toujours eu beaucoup de mal à gérer mon stress. Une fois les prémices ressentis (activation du processus sympathique), je sens que je perds le contrôle. Battements de cœurs de plus en plus fort, suées, perte de moyen (difficulté de concentration et de mémorisation), envie de fuir... Suite à un fort stress, pendant les deux ou trois jours qui suivent, je le sens bien, mon organisme est fatigué, je suis distrait, irritable... Ensuite je reprends mes esprits (activation du processus parasympathique). Lors de mon burn-out, cet état de stress avait duré trop longtemps (stade d’épuisement) provoquant donc l’anxiété et surtout la dépression.

Le stress est perçu différemment en fonction des individus. Mon manque de confiance me rend prisonnier de mon emploi car j'ai en tête l'illusion d'être incapable d'en retrouver un autre. Un moindre reproche peut donc me déstabiliser. J'ai toujours été administratif des personnes ayant un parcours professionnel diversifié, ce sont elles qui choisissent leurs employeurs et non l'inverse.
Pour un même stimulus stressant, deux personnes ne réagiront donc pas de la même manière.
Me concernant, dernièrement, lors de mon entretien individuel, je sentais bien que je perdais le contrôle. J'étais le sujet principal de la discussion, moi et mon parcours annuel, mes projets réussis loupés ou retardés. J'étais donc jugé.... Je ne menais pas la dance... Certains de mes collègues de mon service, eux, la menaient. Le stress est donc perçu différemment en fonction des individus. Ou alors mieux dissimulé.
Autre moment, lors d'une réunion que j'avais provoqué, je le sentais, le stress montait en moi. Cela démarre par le ventre, puis se répand sur l'ensemble du corps. Chaleur, suées, tremblements, difficultés de concentration...

Ce stress est trop pesant... je dois m'en débarrasser...

Après renseignements et lectures divers, je me suis aperçu que beaucoup de "traqueurs" prenaient des anxiolytiques avant un moment stressant mais aussi des bêta-bloquants. Le principe du bêta-bloquant est de prendre la place du médiateur (ou neurotransmetteur, messager chimique permettant aux neurones de discuter entres eux ou avec tout autres cellules du corps exemple les muscles) qui déclenche le processus sympathique pour atténuer la réaction des récepteurs.

Malgré le travail que je fais sur moi avec la méditation, la reprise du sport, ma nouvelle façon d'appréhender la vie et ses difficultés, je ne parviens pas à combattre ce trac. Mon fardeau est trop lourd, trop rempli... chaque problème sera réglé petit à petit... En attendant, j'ai demandé l'aide d'une "béquille chimique" par le biais de ce nouveau médicament.

Demain, grosse réunion de service ou je dois intervenir. Je ne pouvais pas trouver meilleur stimulus!

A suivre...

Article interessant sur ...
... le cortisol
... les neurotransmetteurs




mercredi 9 octobre 2013

Ne rien attendre...

"tu es comme le fruit pourri de cette corbeille : tous ceux à ton contact finissent par pourrir"
"si on me proposait de refaire ma vie à l'identique, je dirais non"
Certains mots, certains actes, ne m'ont pas touché sur le moment. Je pensais être atrophié de fierté personnelle et d’orgueil ce qui me donnait l'illusion d'être intouchable. Mais ils se sont stockés au plus profond de moi. Ce n'est que par la suite qu'ils resurgissent, au moment des "piqûres de rappel". Pendant un désaccord familial par exemple, les mots sortent "brut de décoffrage" comme je nomme cela, c'est à dire, pensés puis envoyés aux cordes vocales directement. Aucun filtrage, aucun état d'âme. Finalement... un concentré de vérité...
A chaque piqûre, un petit retour dans le passé, un petit flashback des moments difficiles s'affichent dans mon esprit. Comme pour compléter des énigmes, des bouts de phrases prononcées dans la retenue d'où manque donc certains mots. Avec le temps, on finit par mieux comprendre le passé...
J'ai toujours pensé que les parents étaient dévoués à leurs enfants pour toujours. Toujours là, présent, à tout âge, et pour n'importe quelle raison. C'est du moins ma vision des choses vis à vis de mes enfants. Du coup, j'ai peur de changer car je crains que cela soit dans la nature de l'homme d'élever ses oisillons pour les pousser à sauter du nid. J'ai toujours cru que les parents étaient redevable... de quoi finalement, de rien... Je me suis toujours rattaché à leur mots, leurs idées et choix. J'ai toujours attendu un retour, un "feedback", un signe de reconnaissance ou d'appartenance à une tribu.... j'ai toujours eu besoin d'un guide...En fait, ils nous offrent l'opportunité d'exister, la suite c'est à nous de la construire.

Tout compte fait, l'idéal est de ne rien attendre de personne et de voler de ses propres ailes. Le meilleur moyen de ne pas être déçu est de ne compter sur personne et créer sa propre satisfaction. D'être indépendant émotionnellement. Les mots nous touchent naturellement, à nous donc de nous rattacher aux plus bénéfiques : les nôtres.
Les jugements que l'on fait de nous sont personnels, ils n'ont donc de valeur que pour ceux qui les pensent et les prononcent. La seule opinion qui compte doit être la notre.

Voilà pourquoi il est important de se focaliser sur soi même et non sur les autres. Un gros effort pour nous est peut être un petit pour d'autres. Les valeurs des choses dépendent de chacun. Ne se fier qu'aux nôtres...

Illustration : "lieu public sans public"... lieu idéal de solitude... aucun jugement car aucune personne...

lundi 23 septembre 2013

Lacher prise

Un des enseignements de la méditation est le lâcher prise : laisser les émotions s'emparer de vous, éventuellement vous submerger, puis repartir. Certaines émotions vous touchent plus que d'autres, malgré tout il ne faut  pas s'y accrocher. Les laisser venir, ne pas laisser son attention se les accaparer, s'y intéresser, et l'émotion disparaîtra d'elle même. A l'image d'un enfant dont les caprices ne font pas effet, l'émotion n'aura pas d'emprise sur vous, déçue, elle vous abandonnera.
Le lâcher prise pour moi c'est cela : laisser faire les choses car de toute façon, elle se feront avec ou sans votre consentement. Nous ne pouvons pas tout contrôler donc autant laisser l'inévitable se produire, éventuellement trouver un contournement, mais ne pas se battre pour empêcher cela. Un proverbe tibétain disait : "si le problème a une solution, il ne sert à rien de s'inquiéter mais s'il n'en a pas, alors s'inquiéter ne change rien". Je me sers souvent de cette maxime lorsque je sens le stress monter en moi face à un problème car au final, les choses se feront (ou pas) mais le problème se réglera d'une manière ou d'une autre. Je ne connais aucun problème qui prend une vie à être réglé ou qui n'a pas de solution.
De plus, parfois, nous faisons d'un petit problème une montage. La rumination peut transformer quelque chose d'insignifiant en un véritable casse tête. Il est donc important de briser le cercle vicieux avant qu'il ne se forme. Nous nous battons donc contre des problèmes qui pourraient simplement ne pas exister.
J'essaye d'appliquer cela sur mes défauts notamment mon perfectionnisme. La perfection n'existe qu'aux yeux de chacun, et encore.... A chacun sa vision de la perfection. Ce que je trouve parfait ne l'est surement pas pour un autre. J'essaye donc de m'inculquer cela, que la perfection est impossible à atteindre aux yeux des autres, de plus n'est pas nécessaire. Un autre de mes défauts : je n'aime pas décevoir. Une fois de plus, on ne peut pas plaire à tout le monde. Certaines personnes sont d’éternelles insatisfaites. J'essaye donc de me convaincre de cela.
D'après moi, le lâcher prise devait être transmis à tous, même à nos enfants. Le monde dans le quel nous vivons à tendance à nous emprisonner dans une façon de penser, de nous habiller, de manger, de consommer, etc... Nous ne sommes plus maître de nos choix et de nos pensées.
La vision du monde est pourtant bien différente et bien plus amusante avec un regard libre, un regard en décalage. C'est du moins mon avis d'anticonformiste...

vendredi 6 septembre 2013

Rentrée des classes

Ce matin j'emmène mon fils à l'école. Comme à son habitude, petit signe de la main pour me dire "à ce soir...." que j’interprète aussi comme un "tu peux partir maintenant, laisse moi avec mes copains"....
Les grands se battent "pour de faux", les petits jouent calmement... et certains pleurent.
Une petite fille qui vient d'arriver dans "la cours des grands", première année de CP, ne veut pas lâcher la main de sa maman de l'autre côté du grillage. La séparation est difficile, les larmes coulent sur ses joues, elle est triste... Une maîtresse finit par venir la chercher, elle disparaîtra sanglotante sous le préau...
Étrangement, je trouve cette tristesse très jolie. De belles et sincères larmes sur un joli visage d'enfant. Des larmes d'amour pour un enfant qui ne veut pas quitter sa maman. L'amour, le vrai... le pure.
Ce lien si fort entre les parents et leurs enfants, cette dépendance, cette confiance... ce concentré d'émotion est tellement puissant que je ne pouvais pas passer à côté de cela sans le ressentir!
J'ai toujours pensé que les enfants étaient ingrats, peu reconnaissants, égoïstes, calculateurs etc. Ce genre de moment me fait oublier tout cela. Les émotions les trahissent, parlent pour eux. Cette tristesse les rends sincères, plus humains. Ce témoignage de reconnaissance, malgré eux, me touche de par sa sincérité. C'est ce que j'appel la belle tristesse...
Cela me ramène aussi à mon rôle, celui de père, de l'importance de ce rôle et évidement à mon manque de confiance. Leurs parcours scolaires, leurs réussites ou échecs, ce qu'ils deviendront dépend un peu de moi. C'est une épreuve sans filet à laquelle je ne dois pas échouer. Pas de retour arrière possible, le moins d'erreurs possibles autorisées, tel est le but.
Avant d'arriver à la cours, mon fils est reconnu par d'autres enfants, son sourire est évocateur du plaisir de la reconnaissance, entre gêne et fierté. Je me rassure en le voyant partir souriant, retrouver ses amis.
Cette belle émotion, je l'avais ressenti une fois précédente dans une boulangerie : l'enfant de la boulangère arrive par la petite porte derrière la caisse pour dire au revoir à sa mère qui, pour l'embrasser, à pris les joues de son enfant dans ses mains et l'embrassa longuement. Elle termine son geste en enlevant ses mains tout en douceur, en le caressant avec le pouce. Une vrai geste d'amour offert à tous les clients...
Pas besoin de parler pour transmettre un message...